EPPO Platform
on PRAs

Avis de l’Anses relatif à « l’évaluation du risque lié à la capture de Bactrocera dorsalis à proximité du marché d’intérêt national de Rungis en France métropolitaine

Description

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) endosse les conclusions et recommandations du groupe d’expertise collective en urgence (GECU) Bactrocera dorsalis réuni pour évaluer les risques associés la présence de B. dorsalis dont 4 individus ont a été capturés dans des pièges aux alentours de Rungis. En terme d’évaluation du risque, l’Anses rappelle que le GECU a souligné l’incertitude première concernant le niveau de population actuel dans les lieux de capture et que la probabilité que B. dorsalis s’établisse en dehors et dans le marché de Rungis n’a pas été abordée dans le cadre de cette saisine. Aussi, l’Agence recommande, dans un second temps, l’évaluation de la probabilité d’établissement de B. dorsalis en France, grâce à une approche de modélisation par exemple, tout en tenant compte du potentiel adaptatif de B. dorsalis au climat tempéré décrit récemment pour certaines populations en Chine et au regard de sa capture en Italie dans une zone de production agricole. Depuis la fin de l’instruction de cette expertise par le GECU, de nouvelles captures4 de mâles de B. dorsalis ont été réalisées dans le cadre du plan national de surveillance dans un verger de pêchers dans le département de l’Hérault. Cette nouvelle incursion dans une zone à climat méditerranéen renforce, selon l’Agence, cette recommandation5 . L’évaluation de la probabilité d’établissement serait donc envisageable après la fin de la période de piégeage en France pour consolider les données actuelles de la surveillance et éventuellement les intégrer dans le cadre d’un exercice de modélisation. Une lecture critique des résultats de modélisation déjà existants et parfois contradictoires pour B. dorsalis via différents modèles serait à entreprendre. L’Anses appuie les recommandations faites par le GECU en matière de mesures de gestion immédiate et à long terme. L’augmentation de la surveillance et la lutte contre la dissémination et la ponte de B. dorsalis par l’installation de stations d’appâtage et la technique d’annihilation des mâles est recommandée ainsi que la gestion stricte et uniforme des déchets au sein de Rungis dans le cadre de sa poursuite d’activité. Plus particulièrement, l’Agence appuie la recommandation du GECU concernant la construction d’un plan d’urgence et d’un plan d’action6 afin d’accroître la préparation aux crises et anticiper les actions à mettre en place à l’occasion de nouvelles incursions telles que celles observées dans le sud de la France et évoquées plus haut. L’origine de l’entrée de B. dorsalis en France n’est pas connue. Il peut s’agir d’importations de fruits et légumes à partir de pays contaminés ou l’entrée d’un fruit contaminé par un voyageur à l’aéroport d’Orly ou par un voyageur habitant dans le secteur des lieux de captures. A cet égard, l’Agence rappelle que le respect et l’application stricte de la réglementation concernant les pays d’origine des marchandises importées est indispensable. Du côté des particuliers, la communication sur le risque, troisième pilier de l’analyse du risque en plus de l’évaluation et de la gestion, doit être renforcée afin de sensibiliser les voyageurs au risque encouru par l’agriculture française et européenne, mais aussi par le marché extérieur lors du transport de fruits et légumes frais dont le niveau sanitaire ne répond à aucune norme.

Organisms

  • Bactrocera dorsalis

Files

Type File Size
Pest Risk Analysis Download 3,36MB

PRA Area

  • France